PENA TAURINE COTE BASQUE   Bayonne   COMPRENDRE
 
 

 

 

 

HISTOIRE

le 21 AOUT 1853 ,Ville de St Eprit ,aujourd'hui quartier de Bayonne  la première corrida moderne est donnée en France. On vient de partout afin d’ assister aux trois premiers spectacles et applaudir la grande vedette de l’époque CUCHARES.

 Après la révolution de 1789 la ville de Bayonne a été séparée en deux . L'Adour fait une frontière naturelle entre le département des Landes et celui des Basses Pyrénées . Sur la rive droite reliée par un pont  la petite bourgade de St Esprit faisait face . St Esprit fut englobé à Bayonne quelques années plus tard.

 Pourquoi vouloir introduire à cette époque la corrida à Bayonne?

 Pour comprendre ce phénomène  nous devons analyser  l’évolution de la corrida en  Espagne et en France et situer le contexte culturel de l’époque.

 

Depuis le début de l’humanité l’homme affronte le taureau. Les premières peintures en témoignent .Pour exorciser le danger on  représente le taureau dans les grottes . Au fil des siècles passent ,de chasseur l'homme devient agriculteur et éleveur et apprivoise certaines souches de bétail.

Le A ,tête d'un taureau renversé ,signe du vocable Alef qui signifie taureau devient la première lettre de l’alphabet hébreux.

Au début de l’ère chrétienne l’on rencontre des troupeaux de taureaux sauvages dans toute l’Europe. La péninsule ibérique est envahie par les musulmans en 711 . La reconquête progressive durera huit siècles.  Un peu partout pour se nourrir les nobles  qui chassent  le taureau à cheval , y voit là une excellente possibilité de s'entraîner. Les jeux autour du taureau se développent sur les places des bourgades. Pour les fêtes dans un village  on fait courir ,d’ou le terme espagnol corrida ,un taureau dans les rues avant de le manger.

A partir du 13ème siècle on assiste à un mélange de tauromachie à pied et à cheval .En Navarre et en Aragon par tradition on combat à pied le taureau . Des troupes dites de matatoros professionnels vont de villes en villes.

Dès 1450 on signale l’organisation de plazzas organisées en arènes ou autour de la place principale de la ville .Incommodé par la tauromachie en Italie le pape Pie 5 décide de l’interdire en 1567 et d’excommunier les pratiquants mais les spectacles continuent. Les nobles continuent à pratiquer la corrida jusqu'à l’avènement en Espagne d’un Bourbon élevée à la cours du roi de France. Ce dernier n’apprécie guère le spectacle et encourage la noblesse a en faire autant. Les nobles obéissent et  abandonnent peu à peu la course au taureau qui est reprise par les gens du peuple qui combattent à pied. Parfois on divise la place en deux pour organiser deux spectacles en parallèle. Les planches de Goya tauromaquia,  retracent toute cette histoire de l’Espagne

  A la fin du 18ème siècle et au début du 19ème siècle la corrida s’organise et devient à peu près semblable  à la course actuelle . Les amateurs sont chassés de l’arène. Place est faite aux professionnels et  un règlement légifère la corrida Le premier règlement taurin fut réalisé en 1847 pour le compte de la ville de Malaga. La place de Madrid,  se dote d'un règlement en 1852 (un article exige à l'organisateur qu'il fournisse un minimum de quarante chevaux par corrida! ).A cette époque le cheval de pique n'est pas protégé et par corridas on enregistre de nombreux chevaux tués. Le Caparacon sera introduit vers 1920 et modifiera sérieusement la corrida.
 Il faut attendre le 12 Juillet 1930, et Primo de Rivera, pour disposer d'un règlement national . Des modifications seront apportées par la suite à ce texte

Mais en France que se passe-t-il durant tous ces siècles ? Le premier texte taurin Français connu est écrit à Bayonne le Mercredi 9 janvier 1289.

 Bayonne est anglaise et Pampelune française. On interdit sous peine d’amende aux bouchers  de lâcher pour les faire courir taureaux et bœufs dans les rues.  D’autres textes du 15ème siècle font apparaître le même type de tradition en Béarn à Moumour près d’Oloron Ste Marie en 1469 ,à Bordeaux 1505 dans les Landes et sur le bord du Rhône. Ces pratiques. n'étaient pas confinées dans le Sud-Ouest , mais étendues à d'autres régions beaucoup plus septentrionales (Paris, Rouen). Incommodé par la tauromachie en Italie le pape Pie 5 décide de l’interdire en 1567 et d’excommunier les pratiquants. Dans notre Sud ouest on assiste à de multiples désordres liés à la défense de cette passion taurine . En Espagne l’interdit est atténué mais en France Louis 14 continue à l’appliquer.

Pendant deux siècles l’astuce et l’opiniâtreté des gascons fait échec aux interdits successifs .Bayonne réagit et organise plusieurs spectacles dans une arène fermée. En 1701 on organise un premier spectacle à l’espagnole avec des mata toros navarrais en l’honneur du premier Bourbon d’Espagne ,un petit fils à Louis 14 .D’autres spectacles suivirent et l’on continua aussi de faire courir les taureaux dans des arènes fermées. Des désordres multiples sont provoqués dans de nombreuses bourgades par des courses de taureaux dans les rues. L’exemple de Bayonne permet l’établissement d’une ordonnance royale autorisant les courses dans un endroit clos .Le Duc de Richelieu après s’être flatté en 1746 de faire disparaître les courses par une politique de prohibition absolue devra au bout de 7 ans accepter les courses dans des arènes sous la responsabilité de la municipalité.

La course va prendre une autre forme plus organisée et de nouvelles pratiques vont naître le jeu devient spectacle La fête est transformée en produit  marchand Dès 1842 on parle d’introduire a Bayonne les courses de taureaux  à l’Espagnole. Dès 1851 on  organise à St Esprit (ville séparée de Bayonne à l’époque) des courses hispano landaise qui attirent une foule considérable de 6000 personnes . On y pratique la mise à mort du premier taureau l’année suivante . En fait ce n’etait que des novilladas sans picador agrémentées d’écarteurs landais

Analysons pour mieux comprendre l’aspect  culturel de la France à l’époque. Le voyage en Espagne est très populaire en Europe, du XIVe au XIXe siècle Les romantiques,  peintres, écrivains ou musiciens, y trouvent une source inépuisable d'inspiration. L'Andalousie est leur région de prédilection avec ses élevages de taureaux , ses corridas  et les tenues colorées On découvre  la peinture espagnoles. Goya termine sa vie à Bordeaux et y réalise  des tableaux taurins. De nombreux peintres Français choisissent pour thème sans avoir franchi une fois les Pyrénées la corrida. Les graveurs proposent des séries d’images sur la vie de ce peuple si près mais si différent Georges Bizet crée Carmen dont l’intrigue reprend tous les stéréotypes de l’Espagne . L’épopée napoléonienne est très proche dans les mémoires. L’Espagne est le pays à la mode, on s'habille espagnol on mange espagnol. Cet exotisme à deux pas de la France plaît au monde intellectuel et à une bourgeoisie demandeuse de dépaysement.

  Le chemin de fer se développe raccourcissant les distances . C’est dans ce contexte intellectuel ,économique et social qu’il faut placer l’introduction de la corrida à Bayonne. Le XIXéme siècle qui est marqué par le mouvement romantique, se traduit, entre autres, par la volonté de protéger les animaux (la SPA. est née le 3 Avril 1846) . la "loi Grammont" du 8 Juillet 1850 sanctionne, par des peines d'amendes, les mauvais traitements sur les animaux domestiques exercés publiquement et abusivement. En clair la corrida était condamnée en France.

Voyant l’ accueil populaire des premiers spectacles   les habitants de St Esprit  décident en 1853 d’organiser une corrida .Ils montent à Paris pour défendre leur projet. Un décret impérial les y autorise pour une durée de dix ans malgré la loi Grammont .

  Les premières courses sont des énormes succès. On vient de toute la France les voir  L’année suivante l’Empereur et sa femme assistent à une course Pendant ces dix années les corridas font leur percée surtout dans le midi Les corridas restent hors la loi .Dés 1881 une lettre au préfet rappelle l’interdiction des corridas avec mise à mort en France Les infractions au début donnent lieu à des échanges de lettres. Pour la venue à Dax du président Sadi Carnot on organise même une corrida avec mise à mort de 2 taureaux

Au printemps 1894 Bayonne inaugure ses nouvelles arènes en ciment ,les plus grandes de France .Malgré les menaces d’interdiction de séjour des matadors les corridas ont lieu. La ville de Bayonne reste sourde aux injonctions ministérielle . Des situations cocasses ont, lieu un peu partout en France . En 1895 une excentricité du roi du sucre Lebaudy ,qui se ventait en autre de laver ses voitures au champagne, d’organiser dans sa propriété de Paris une corrida provoque la colère de la SPA . Les taureaux de combat sont classés animaux domestiques   Mais comme dans toutes ses situations un ministre de l’intérieur  ambitieux décide de condamner les toreros. A Bayonne ils sont raccompagnés par la force à la frontière. Les arènes sont occupées par la gendarmerie Le conseil municipal démissionne et des émeutes éclatent

 L’année suivante les bayonnais organisent un meeting tauromachique et créent l’association des villes taurines du midi.

  Un nouveau ministre de l’intérieur est nommé : Louis Barthou ,. Ce voisin un béarnais permet d’obtenir un compromis. Les corridas intégrales sont admises sous l’autorité et la responsabilité du maire et le contrôle du préfet . Des spectacles se montent un peu partout :Bordeaux ,Toulouse, Montpellier , Perpignan , Marseille, Nîmes, Arles, Narbonne ,Carcassonne ,Paris ,Vichy pour ne citer que les principaux

  A l’occasion de l’exposition de 1900 on monte à Paris la plus grande arène de l’époque : 22000 places. Mais la corrida ne peut s’implanter loin de ses bases méridionales. . Lorsque le siècle s’achève la corrida est surtout active dans le Sud de la France

 Bayonne et les villes du Sud ont gagné

  1919 Au lendemain de la guerre on organise à Bayonne une corrida, mais hélas. les trois derniers taureaux  n ’arrivent pas. La foule manifeste organise un bûcher au centre de l’arène et une main malheureuse met le feux a la partie boisée des arènes de Bayonne  Par ailleurs, une loi du 25 Juin 1920 instituait une taxe sur les courses de taureaux, considérées cette fois comme un spectacle De 1931 à 1934 le Midi taurin connaît une activité intense. De nouveau centres se créent : Tyrosse, St Sever ,Vic Fezensac ,Casteljaloux. Cette période de l’entre deux guerres se caractérise par une évolution du spectacle lié par l’adoption en1928 du caparacon qui protège le cheval et  modifie le comportement du taureau et donc entraîne une grande évolution des élevages. En 1935 pour des raisons fiscales on assiste en France à une baisse du nombre des corridas 13 au lieu de 35 l’année précédente. Perpignan ferme ses arènes

Survient la guerre d’Espagne

Privés de leur débouché durant la guerre d’Espagne les éleveurs espagnols expédient en France les bêtes réservées à leur pays. De 1935 à1939 on dénombre 51 corridas Après la deuxième guerre mondiale Bayonne devient une des places les plus importante de France. Les plus grands noms foulent le sable des arènes et les vedettes  du moment se bousculent dans les tribunes Tout n’est pas fini puisque en1950 le cercle taurin Bayonnais refuse de payer l’amende symbolique  infligée en application de la loi Grammont.  Cités à comparaître ils sont acquittés par un juge qui ne considère pas le taureau comme animal domestique . La brèche est ouverte .En 1951 un amendement normalise enfin la corrida en France sous réserve qu’une tradition ininterrompue puisse être invoquée

Le 12 et 13 juin 1953 Toulouse inaugure ses arènes de 13000 places

1954 Oran  re ouvre ses arènes 14000 places

1955 Orthez et Marseille(9000 places)

1957 St Sever

La passion soulevée par la corrida avait gagné par la ténacité des Bayonnais fiers de 7 siècles au moins de tradition. Cette passion est partagée chaque année par 10 000 personnes qui se pressent aux arènes ainsi que par plus de 1000 personnes affiliées dans l’une des nombreuses pénas de la ville

 

 

  

 

 
 
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